Sahara : Maroc et Algérie, le choc des visions

Alors que le Royaume du Maroc, sans rente pétrolière, s’apprête à être le premier pays africain à se doter du Train à Grande Vitesse (TGV), l’Algérie, puissance pétrolière, dotée d’un trésor de guerre de plus de 90 milliards de dollars, peine à approvisionner les agences de poste Algérie en liquidités pour que les citoyens puissent fêter correctement la fin du Ramadan. Cette asymétrie pourrait ne relever que de l’anecdote, mais elle est malheureusement révélatrice de la politique du Maghreb actuelle : deux vitesses, deux générations, et un choc des visions de développement. Transposé au conflit du Sahara, ce choc des visions est encore plus flagrant. En effet, alors que le Royaume du Maroc propose, depuis Avril 2007, une large autonomie pour les provinces du Sud, faisant sauter d’un coup plusieurs verrous psychologiques, l’Algérie, campant sur ses positions, fait du blocage à grande échelle, exploitant sa puissance gazière pour faire pression sur toutes les parties impliquées dans le dossier.  Le summum de ce blocage sera, au cours de l’été, l’annulation d’un contrat avec la société espagnole Repsol, où a clairement été évoquée la « position » espagnole sur le Sahara comme cause principale.


Il faut cependant, pour tout observateur attentif, faire preuve de compréhension à l’égard de l’Algérie, car les temps doivent être très durs.
En effet, comment ferait Alger pour comprendre que le Maroc, qui ne dispose, pas, une fois encore, de pétrole ou de gaz, arrive quand même à construire 200 km d’autoroute par an, à avoir une capitalisation boursière 28 fois plus importante que celle d’Alger, une croissance de 6%, des Investissements directs étrangers de plus de 3 milliards de Dollars ?
Difficile à comprendre….