Amina Bouayach appelle à inscrire le FMDH dans une dynamique de complémentarité entre les pays du sud

La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a plaidé, mardi à Buenos Aires, en faveur de l’inscription du Forum Mondial des droits de l’Homme (FMDH) dans une dynamique fondée sur la complémentarité entre les pays du sud, afin d’en faire une plateforme d’échange et de partage des meilleures pratiques à même « d’enrichir nos stratégies multilatérales et nos actions communes ». Lors d’un débat organisé dans le cadre du 3ème FMDH (20-24 mars) sous le thème « histoire et cheminement du Forum Mondial des droits de l’Homme », Bouayach a souligné que le CNDH considère le Forum Mondial comme « une opportunité pour discuter sans hostilité et sans préjugés, mais aussi pour renforcer nos capacités collectives, afin de mieux répondre aux défis auxquels sont confrontées nos sociétés et de mieux faire face à un monde de plus en plus divisé dans lequel nos compatriotes sont constamment victimes de discriminations, d’injustices et d’atteintes à leur dignité en raison de leur appartenance ». « Nos sociétés, a ajouté la présidente du CNDH, méritent de choisir et d’agir et nous devons les soutenir du mieux que nous pouvons », réitérant le message qu’elle a partagé lors du Pré-Forum de Rabat en février dernier, selon lequel l’organisation du Pré-Forum « n’est pas seulement la conséquence de notre profonde conviction dans l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme, mais elle est surtout dictée par le devoir d’unir nos voix en une seule voix, celle de la dignité, de la justice et de l’égalité ». Bouayach a estimé dans ce cadre que « dans la lutte pour les droits de l’homme, les voix du Sud n’ont jamais failli. Elles ont été audibles, visibles et intransigeantes pour la protection et la promotion de l’idéal qui nous anime tous : la préservation de la dignité humaine ». Elle a enfin souligné que le Pré-Forum de Rabat avait matérialisé la volonté commune de faire entendre les voix du Sud : voix de l’Afrique, voix de l’Amérique latine, voix de l’Asie, voix des pays insulaires, etc. Elle ajouté que ses travaux avaient permis d’enrichir les débats sur l’effectivité des droits et d’identifier des initiatives efficaces et concrètes en vue d’une action commune. Plusieurs recommandations contribueront sans aucun doute à enrichir les débats à Buenos Aires. Auparavant, l’universitaire marocain, Abdelhay Moudden, a souligné que malgré le caractère universel des droits de l’Homme, les Etats et les sociétés abordent le volet de la mémoire de manière différente les uns des autres, en fonction de différents contextes politiques, économiques et culturels. Dans un débat autour du « droit à la mémoire : vers une nouvelle culture des droits de l’Homme », Moudden a estimé qu’il est nécessaire de concilier la préservation de la mémoire, d’une part, et la satisfaction des besoins matériels de l’autre, relevant les critiques adressées aux approches neo-libérales des droits fondamentaux au détriment des droits économiques et sociaux. Le programme du FMDH comprend plus d’un millier de débats, d’ateliers, de présentations de livres et d’activités culturelles, avant de clôturer avec la Marche organisée chaque 24 mars en Argentine pour commémorer la journée de la Mémoire, la Vérité et la Justice, qui coïncide avec l’anniversaire du coup d’Etat militaire du 24 mars 1976 en Argentine, prélude à la période la plus sombre de l’histoire récente de ce pays. Les activités prévues dans le cadre du Forum mondial s’articulent autour de 26 thématiques principales, dont la migration, l’environnement, la préservation de la mémoire, l’accès à la justice, la discrimination, la traite d’êtres humains…etc.