Mauritanie : Désenchanté par l’élection du président El Ghazouani, le Polisario s’attend au pire

Les dirigeants du Front Polisario qui avaient l’appui du président sortant de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, ont accueilli à contrecœur l’élection du nouveau président Mohamed Cheikh Ould El Ghazaouani, et s’attendent au pire dans leurs rapports avec la Mauritanie, leur allié d’hier. 

El Ghazouani a été proclamé lundi 1er juillet, par le Conseil constitutionnel mauritanien, président élu à la majorité absolue au premier tour de la Présidentielle qui s’est déroulée le 22 juin dernier. Il avait obtenu 52% des suffrages exprimés (483.007 voix) lors de ce scrutin.

Même si le président sortant a adressé quelques jours après le vote, une invitation au Polisario pour assister à la cérémonie d’investiture de Ghazouani, prévue le 1er août à Nouakchott, les dirigeants de Rabouni restent très septiques quand aux relations futures avec Nouakchott qui risquent fort d’être réduites au minimum à la faveur d’une embellie avec le Maroc, le voisin du nord. 

Parmi les signes avant-coureurs de cette dégradation des rapports entre les dirigeants du mouvement séparatiste sahraoui et les nouvelles autorités de Nouakchott, le chef du Polisario, Brahim Ghali s’est abstenu d’adresser comme par le passé, un message de félicitations au président élu Mohamed Ould Ghazouani.

En revanche le Maroc a été parmi les premiers pays à féliciter officiellement le nouveau chef d’Etat mauritanien. 

La crispation de Brahim Ghali et de ses bras-droits trouve en effet, toute son explication dans les propos tenus, par le nouveau président mauritanien, lors de sa campagne électorale. 

Pour rappel, alors qu’il se trouvait à Kaédi, près du fleuve Sénégal, l’ancien ministre de la Défense a confié à ses partisans que s’il était élu président, il n’«acceptera pas d’accorder la nationalité mauritanienne aux Sahraouis résidant à Tindouf ou ailleurs». 

Il a même enfoncé un peu plus le couteau dans la plaie, en déclarant que la naturalisation des Sahraouis est «une trahison pour les Mauritaniens». 

Dans le cas où cette volte-face venait à se concrétiser, les spécialistes des questions maghrébines et du dossier du Sahara, n’excluent pas une prompte reprise des traditionnelles relations de coopération et de bon voisinage entre Rabat et Nouakchott à la faveur de la transition agitée que connait l’Algérie, grand parrain du Polisario.  

 

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