Genève 2: Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario

L’expiration du mandat de la MINURSO est prévue fin avril et les évènements d’Algérie planent sur les pourparlers.

La capitale suisse, Genève, abritera aujourd’hui et demain une seconde table ronde sur le Sahara sous l’égide de l’ONU et en présence des délégations des parties concernées, à savoir le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario.

L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, Horst Kohler, avait,  rappelle-t-on,  rencontré en février et début mars les différentes parties de manière séparée pour préparer cette nouvelle table ronde.

A la différence de la première organisée début décembre au quartier général de l’ONU à Genève, ces nouvelles discussions se dérouleront dans un château de  la banlieue de Genève.

Il y a quelques jours de cela, des diplomates avaient souligné que l’actuelle table ronde sera organisée sur le même modèle que celle de décembre, c’est-à-dire à huis clos et au niveau des ministres des Affaires étrangères pour le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, l’objectif étant d’«approfondir» les premiers échanges, tant sur la dimension politique qu’économique du dossier.

La dernière résolution du Conseil de sécurité (résolution n° 2440) et le rapport du secrétaire général de l’ONU ont établi le lien entre la solution de l’affaire et la situation régionale, notamment dans la région sahélo-saharienne.

«L’on ne peut parler de Genève 2 sans évoquer la situation dans la région et notamment la situation explosive en Algérie. La délégation algérienne va peut-être mettre en évidence la nécessité de préserver la sécurité régionale et le rôle central de l’Algérie dans ce domaine».

«Les observateurs et les analyses s’interrogent sur la situation politique dans ce pays qui est secoué depuis plus d’un mois par une vague de protestations contre le régime et se demandent si  le changement de celui-ci serait susceptible d’induire un changement de la position de l’Algérie dans l’affaire du Sahara», a souligné l’expert Moussaoui Ajlaoui.

Il a aussi mis en garde contre « l’internationalisation » du problème politique algérien en rappelant que la déclaration de Sergui Lavrov à propos de ce qui se passe en Algérie « est fort dangereuse ».

Le chef de la diplomatie russe a dit en substance que son pays est contre toute tentative visant à déstabiliser l’Algérie.

«Selon la Russie, ce qui se passe dans ce pays est une tentative de déstabilisation et non pas un soulèvement populaire contre le régime. Si la Russie parvient à s’immiscer dans le dossier du Sahara à travers son intervention dans la situation intérieure de l’Algérie, cela compliquera énormément les choses», a-t-il estimé.

Et d’ajouter : « La Russie a une conception stratégique selon laquelle là où il y a un conflit, elle s’installe comme elle l’a fait en Syrie ».

Concernant la défection d’un cadre rebelle du Polisario qui s’est présenté, dans la matinée du lundi, au niveau de la Ligne de défense dans la zone de Farcia (Région d’Oued Draâ), avec l’intention déclarée de rallier la mère-patrie, Moussaoui Ajlaoui a rappelé que chaque jour qui passe voit des Sahraouis fuir  les horreurs des camps de Tindouf. « En plus de la vie très difficile dans les camps, la direction du Polisario est dans une impasse, car il y a un conflit au sein de cette direction en lien avec ce qui se passe dans les hautes sphères du pouvoir en Algérie. Tout changement en Algérie aura sans aucun doute un impact sur le Polisario».

 

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